on prépare la lecture du 31 mai!

Publié le par danielle

                  

En ce moment, nous répétons pour la lecture en musique du 31 mai: Carnets de voyages imaginaires 2 et 6. N'oubliez pas que la 3e partie vous êst ouverte, apportez vos textes préférés et vos instruments de musique, et rendez-vous à "La case à palabres"Salon   (voir lien dans la colonne de droite),

 

       

 

                                                                                     

 

 

 

 

  

 

"NC Stab, maraudeur urbain": extrait

Road movie 1

 

Je m’appelle Ensie Stab, N.C Stab, du plus loin que je me souvienne, c’est à dire hier soir ou demain matin, au train où vont les choses, quelle différence. Ils m’ont contacté par téléphone dans une vieille cabine déglinguée, au bout du bout d’une ville de l’hémisphère nord. Une idée bien cheap cette cabine. Il faudrait être fou, il faudrait n’avoir jamais vu tous ces films où le type se fait dégommer juste parce qu’il a commis l’erreur d’entrer dans une cabine comme ça. Une usine à meurtres, cette cabine. Mais je m’appelle Stab, alors il y avait une chance que ce soit moi le tueur, pas l’inverse, c’est ce que je me suis dit dans un instant de délire personnel, fatigue, manque de sommeil, va savoir. Je suis entré. J’ai décroché. Une voix de femme, une caresse de voix de femme, là où j’attendais le métal bleuté d’une voix habituée à commander et à être obéi. « Trouvez NC Stab », a dit la voix. Il a disparu depuis une quinzaine, il nous fait faire beaucoup de souci. « Je suis NC Stab, c’est moi NC Stab, j’ai dit » «  Ne croyez pas que ça rende les choses plus faciles », elle a répondu en riant. Puis elle a ajouté :  « Nous attendons des résultats » Et elle a raccroché. Alors, je me suis retourné, quelqu’un avait déposé une mallette contre la cabine. La rue était déserte et la mallette pleine d’argent. Je suis rentré chez moi. J’ai rêvé à cette voix, à ce rire, à comment ce serait d’avoir une femme avec une voix comme ça. Je voyais bien qu’il aurait fallu tout recommencer à zéro pour avoir une chance d’un sur un milliard, un jour, d’entendre cette voix me dire au téléphone :  « NC, amour de ma vie, si on sortait ce soir ? » En attendant, je ne savais pas par où commencer. Alors je suis rentré à l’hôtel et j’ai sorti un vieux vinyle et mon teppaz années 60 de ma valise au dessus de l’armoire, et j’ai écouté John Mayall, «  Blues from Laurel Canyon », allongé sur le lit,  jusqu’à ce qu’il me vienne une idée.

 

 

 

 

 

 

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Chanson de Lisa Lou

 

 

 

 

Je fais du café pour ma mère

Elle sourit d’un air absent

Elle regarde par la fenêtre

 

 

 

Là haut j’entends l’ordinateur

Tip tip en longues phrases humides

L’océan  lèche les marches usées

 

 

 

Une océanique écriture

Il cavale après sans répit

Ma mère danse et parfois pleure

 

 

 

Ma mère tartine des sandwiches

Moi je nage entre les écueils

Je dialogue avec les sirènes

 

 

 

Il suffirait de pas grand chose

Pour que se nouent les fils tissés

Pour que les jours fassent une pause

 

 

 

Je fais du café pour ma mère

Puis je le bois, noir et amer

J’ai grandi.  

                     

 

 

 

 

                          

 

 

                         

"Imera, reine des sunlights"

 

Extrait

 

 

madame le girafe, monsieur l’indien, pensez vous que nous devrions nous barricader ? les rues ne sont pas sûres…les MAISONS ne sont pas sûres…le monde est DANGEREUX.. les journaux sont pleins de crimes impunis et d’adjectifs terrifiants. C’est à peine si on ose sortir de chez soi. Que faire ? Cet homme a les yeux verts  ne serait il pas suspect juste un petit peu ? Cette femme a un grand sac que cache-t-elle à l’intérieur ? Je ne peux plus allumer la télé sans que le monde s’y écroule sous mes yeux. Mon banquier m’a vendu un coffre et j’y ai mis mon livret d’épargne et mon barbecue. J’ai gardé mes lunettes de soleil pour qu’ILS ne me reconnaissent pas et assassinent quelqu’un d’autre à ma place. Pourvu que je ne sois ni dans les statistiques ni dans les nouvelles d’été, les pires. Cette peur en moi grandit de jour en jour. Ils vont me prendre ma belle maison mon barbecue ma télé mon livret d’épargne. Au secours. Je n’ose même plus vous regarder en face. Le premier qui parlera fort je le suivrai. Le premier qui me donnera une solution facile je le suivrai. Le premier qui dira sur quelle cible lancer les flêches de haine et de peur je le suivrai. Madame girafe, monsieur indien, je ne me reconnais plus. S’il le faut, je me haïrai moi-même le matin devant ma glace, pour ne plus ressentir cette peur qui me dévore le ventre.

 

 

 

 

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  Il pleut sur nos villes

 

 

Dépêchez vous de rentrer chez vous

 

 

Chacun chez soi chacun pour soi

 

 

Et nos coffres seront bien gardés

 

 

 

 

Méfiez vous de votre voisin

 

 

Ne parlez pas aux inconnus

 

 

Faites un écart  devant les musiciens de rue

 

 

Ne prenez pas de risque

 

 

 

 

Frileux nous rasons les murs

 

 

Craignant que demain ne soit pire

 

 

Amassons tout ce que nous pouvons

 

 

Des chiens obéissants gardent nos vies vacantes

 

 

 

                               

 

 

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