les carnets de voyage

Publié le par danielle

 

 

"CARNETS DE VOYAGES IMAGINAIRES" ou "VOYAGEURS ELEMENTAIRES"

 

Il y a pour l"instant six "carnets de voyage imaginaires", également appelés "voyageurs élémentaires". Ils font l'objet de lectures en musique qui durent de vingt à trente minutes environ;

plusieurs possibilités sont prévues:

un seul "carnet" peut servir de "prologue" à une autre évènement : par exemple, " Ylosreen, princesse byzantine", a été lu pour la première fois en prologue au vernisssage de l'expo de Rodia Bayginot, peintre ( son site est en lien) à "la case à palabres",( leur site est en lien) à salon.

ou bien deux carnets peuvent constituer la première partie d'une soirée, la deuxième étant un "boeuf" texte et musique pour tous les spectateurs venus avec leurs textes et leurs instruments.

ou bien on peut imaginer une soirée en trois parties avec trois "carnets".

Nous souhaitons transporter ces carnets ici et là, dans des cafés, des bibliothèques, chez vous..

Intéressés? Contactez nous!

Nous travaillons actuellement sur deux autres carnets: "Asylniv, pirate intergalactique", et "Eli-Ju, clown rebondissante". Resteront "Imera, reine des sunlights" "Scapal, berger des étoiles" et " N.C Stab, maraudeur urbain" .

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Voici le début de "Ylosreen":     

 YLOSREEN, princesse Byzantine

Me voici telle que je me rêve. Ma vie en cet instant suspendu. Mon souffle retenu. Le vide, sous la pointe prudente de mon pied.  Dans le cuir souple de la chaussure brodée, les orteils comme des petites chauve-souris attentives, la tendre pulpe sous le pied comme une délicate chenille sur une jeune pousse de printemps. Le poids du corps à peine basculé sur l’avant. Un instant infini tout peut arriver. La chute. L’abîme. la mort. Mon cœur s’emballe. Je ferme les yeux. Je m’abandonne. Sous mon pied, la masse rassurante et solide de la prochaine marche. La première. Encore sept cent vingt sept autres. En bas, tout en bas, ils m’attendent en silence

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Ma mère épluchait pour moi de douces-amères mandarines qu’elle me donnait quartier après quartier, petites lunes fauves qui faisaient saliver ma langue . Odeur sucrée de la joue de ma mère, odeur épicée des coupes en bois de cèdre, mes longs cheveux mêlés à ceux de ma mère, ma mère aux larmes salées, ma mère de douleur. Ma mère. Moi étrangère en son amour, à jamais affamée, impossible sevrage. Un jour, elle disparut. **********************************************************************************

Vieil homme

est ce mon père qui t'envoie

Avec ton bol à thé et ton bâton

Je n’ai que faire de tes sages paroles

 Vieil homme

 Tes os grincent comme une porte aux gonds rouillés

 Ta plume croasse

 Sur le parchemin de mes jours

 La cicatrice sur ma peau

 Dessine une écarlate boursoufflure

 Je ne guérirai plus

 Vieil homme, la lune mandarine

 Sourit à l’absence infinie

 Tu viens trop tard

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 Ylosreen, où es tu petit chat  sauvage ? Je t’appelle depuis si longtemps que ma voix s’est usée comme une vieille étoffe

  Nourrice, je jouais avec le vent

 Ylosreen, petite belette, rentre, ton père sera furieux

  Nourrice, le ruisseau m’a lavée, le sable m’a séchée, le soleil couchant a fardé mon visage

 Ylosreen, petit renard fauve, tu n’as pas besoin de fard sur tes joues

 Nourrice, je veux une robe de velours mandarine et d’or brodé, des bijoux de lapis-lazuli pour encadrer mon front et mon visage, un manteau de pourpre et de sable, des bottes de fin cuir plus souple que la peau de ma main. Si je n’ai pas cette robe je ne rentrerai pas.

 Ylosreen, petite couleuvre, tu auras ta robe  car voici qu’un homme est venu pour toi et bientôt tu seras femme

  Nourrice, ses yeux sont ils comme deux étoiles sur le sombre de sa peau ?

  Ses yeux sont comme deux charbons sur l’ivoire de sa carcasse

  Nourrice, sa bouche est elle une source fraîche ou boivent les rossignols ?

 Sa bouche est comme un torrent boueux qui gronde et emporte tout sur son passage

 Nourrice sa force est elle comme un cerf sauvage, comme un aigle, comme un jaguar ?

  Sa force est comme un cep noueux,  comme un roc, comme une lave éteinte. Sa maison est vaste, son nom comme un drapeau, ses coffres remplis d’or. Ta robe sera bientôt prête ma princesse. Bientôt tu descendras l’escalier aux yeux de tous et les tambours battront l’heure de tes noces.

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